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Léo Farine: un retour aux sources.

« À 18 ans, l’important c’était d’avoir du temps de jeu  »

Réussir une transition entre le football d’élite junior et le football professionnel : c’est ce qu’a réalisé Léo Farine, actuellement défenseur central de Neuchâtel Xamax FCS. Et pour y parvenir, le Jurassien de 21 ans n’a pas eu peur de descendre les paliers afin de mieux les remonter.

Nous sommes en 2014. Léo Farine termine sa formation avec les M18 du Team BEJUNE, mais aucune porte ne s’ouvre pour lui vers la première équipe de Neuchâtel Xamax FCS. « Trois autres joueurs avaient été pris sous contrat, et ensuite prêtés. J’ai alors été approché par le FC Bassecourt, qui jouait en deuxième ligue interrégionale. L’entraîneur voulait des jeunes dans son effectif. Je me suis dit : autant descendre et avoir du temps de jeu ».

 

Du caractère

Entre les deux équipes, il y a tout un monde. « À Bassecourt, nous n’avions plus que trois entraînements par semaine au lieu de cinq avec la Fondation. Le plus important, à ce moment, c’est de garder l’envie. Le désir de devenir professionnel était toujours présent. J’ai donc fait plus. J’allais aux entraînements avant, j’ai beaucoup travaillé et je l’ai fait pour moi ».

Et le pari est gagnant. Après une bonne saison comme titulaire au stade des Grands-Près, le club phare jurassien des SR Delémont lui fait les yeux doux. « J’avais envie de passer un nouveau palier. À Bassecourt, j’ai appris énormément. Il fallait jouer pour faire des points. Cela n’a rien à voir avec le football pratiqué à la Fondation qui privilégie la jouerie », explique-il.

 

Premier contrat pro

Aux SRD, en première ligue, le scénario se répète. Du temps de jeu, de l’adaptation, de la progression… et une opportunité. « J’ai reçu une offre de Neuchâtel Xamax FCS en fin de saison 2016, suite à la blessure d’Agonit Sallaj. Quand tu reçois une offre de Challenge League et en plus d’un club qui te tient à cœur tu ne réfléchis pas longtemps ».

 

La blessure

« En arrivant de première ligue, j’avais tout à prouver. J’étais aussi en retard physiquement. En même temps, je terminais mon stage de maturité professionnelle commerciale. Je devais aussi faire les trajets entre le Jura et Neuchâtel. L’ensemble a certainement facilité ma blessure (ndr : rupture du ligament croisé antérieur) ». Une période sombre commence alors pour Léo Farine. « C’est le passage le plus compliqué de ma carrière. Tu travailles seul avec ton physiothérapeute, tu es moins impliqué dans l’équipe. J’avais l’impression de ne plus être footballeur. Au fond du trou, il a fallu être fort. Le soutien de tout le monde m’a beaucoup aidé surtout celui de ma famille », explique l’enfant de Boécourt (JU).

Après neuf mois de réhabilitation, Léo Farine peut à nouveau s’entraîner normalement. « Ça fait du bien », répète-il inlassablement. « Les sensations reviennent ». Et le numéro 6 rouge et noir peut envisager l’avenir avec sérénité. « J’ai encore un contrat avec Xamax jusqu’en 2018. Mon but est d’apprendre un maximum, de jouer le plus de matchs possible et d’aider l’équipe à monter en Super League. Je veux aussi continuer à travailler pour protéger mon genou et progresser ».

Du haut de ses 1m93, le jeune homme a la tête bien vissée sur les épaules. De bon augure pour le début du championnat fixé au vendredi 21 juillet, à la Maladière, contre le FC Aarau.